Cela se sait peut-être peu dans le grand public du plat pays, les yeux rivés à juste titre sur nos diables de footballeur, mais nos karatékas sont loin de s’en laisser compter sur les tatamis internationaux. Petit tour du propriétaire de cet art martial pour les non-initiés qui va sûrement en épater plus d’un !

Commençons en fanfare.

Et la liste risque bien d’être longue car s’il a été dit un jour que « De tous les peuples de la Gaule, les belges étaient les plus braves », ce n’était peut-être pas non plus sans raison. A tout seigneur, tout honneur, parmi les combattants qui tournent sur les plateaux internationaux de la WKF, il conviendra de parler d’abord de celui qui a été cherché le plus gros titre de cette saison. Le jeune brabançon de 18 ans, Quentin Mahauden s’est en effet hissé sur la plus haute marche du podium des derniers jeux Olympiques de la Jeunesse qui se déroulaient en Argentine à l’automne 2018. L’athlète tirait en «kumite » (ndlr : combat) dans une catégorie des – de 68 kilos très fournie et sur laquelle il a su dicter sa loi. Une remarquable performance pour le sportif et pour notre petit pays, qui est connu pour avoir un solide coup de patte.

Autre sportive qui grandit la liste de nos valeureux combattants : Luana Debatty. Héritière d’une famille de tout autant valeureux combattants liégeois, la résidente de la Principauté s’est taillé depuis quelques années sa place dans une catégorie des – de 68 très dense. Parmi ses concurrentes directes : l’autrichienne et championne du monde Alisia Buchinger ou la suissesse Elena Quirici sont des sportives au tableau plus que consistant. Néanmoins la liégeoise montre les dents et garde bien vifs ses désirs de pouvoir s’aligner aux J.O de Tokyo en 2020. Pour cela, il faudra se maintenir dans le top 8 mondial et la combattante occupe pour le moment la 19ième place. Un objectif réellement à sa portée si la réussite lui souffle un peu plus dans le dos que lors de cette dernière saison où il y a eu quelques déboires.

Petit par la taille mais grand par ses ambitions, Michaël Dasoul est un sportif et un nom assurément à ne pas oublier. Il tire dans la catégorie mondiale des – de 60 kilos où il y a du beau linge mais qu’à cela ne tienne, le combattant ne s’en laisse pas compter avec une belle présence dans le top 10 de la catégorie en 2018. On soulignera une de ses belles prestations à Guadalaraja (ESP) où il est monté en finale contre le champion du monde brésilien Douglas Brose et où il s’est malheureusement incliné sur un tout étroit 1-0 après avoir mené la vie dure au Sud-américain. Espérons qu’en 2020 grâce à lui, ce sera à la Belgique de danser la samba de la victoire.

Et ce n’est pas tout !

Le prix de la polyvalence ira sans nul doute à Yassine Boucharhouf qui défend avec beaucoup de verve nos couleurs en « kata » et en « kumite » tout à la fois. Une rare qualité dans ce sport ! Un an après sa médaille continentale dans les moins de 21 ans à Sotchi côté kata, l’andennais à ré-empoché en 2019 le même métal en « kumite » cette fois, dans la catégorie des – de 60 kilos, à Aalborg au Danemark, à l’occasion de l’Euro jeunes de karaté EKF. Il va falloir donc confirmer pour ce sportif qui s’attaque tout à la fois à des études de médecine… nul doute que son agenda des prochaines années risque d’être un peu chargé.

Ophélie et Jonathan Mulolo sont aussi à épingler. « Bon sang ne trompe jamais !» car ce sont les enfants d’un de nos anciens champions du monde et athlète hors pair, notre Jeannot du même nom.

Il va sans dire que les résultats prometteurs de la paire laissent augurer du meilleur pour le duo. Jonathan a à son actif un titre mondial JKA. Mais se hisser dans le tableau de la toute grande fédé mondiale sera une autre histoire. A confirmer pour eux deux et on croise les doigts.

Dans notre procession de noms, il conviendra de citer aussi celui d’Anouar Bougrine. Le neupréen de 21 ans vient aussi grossir une liste où les liégeois se taillent la part du lion. Aux études également, il constitue un client peu facile sur les Shiaï-jo de combat et tire dans les catégories de gros poids. La sienne, celle des – de 84 kilos comporte logiquement de gros morceaux comme il se doit. Le liégeois est actuellement 75ième au ranking mondial. La route sera, sans en douter, encore longue et semée d’embûches.

Jess Rosiello, notre carolo, a su de son côté se hisser vers les Jeux européens de Minsk en juin 2019. Une belle première expérience pour un marcelinois de 20 ans qui vise le top 15 mondial pour 2020 mais qui n’a pas su passer la tête en Biélorussie. Mais l’athlète est jeune encore.

Younmi Novo porte quant à elle beaucoup d’espoirs sur ses jeunes épaules dans les épreuves « kata ». La toute jeune brainoise de 16 ans a su réussir l’exploit de décrocher un podium et le bronze de manière très précoce, il y a deux ans sur le plateau WKF. Une performance qu’il va falloir confirmer dans un tableau d’athlètes très compétitives aussi côté kata. 0n y retrouve, entre autre, les championnes du monde Sandra Sanchez (ESP) et Kiyou Shimizou (JAP) qui sont loin d’être des figurantes tant leurs tableaux de chasse est impressionnant.

S’il est encore besoin d’ajouter un nom à notre litanie de compétiteurs, il est écrit que ce sera encore celui d’un liégeois. Luca Costa n’est autre que le digne héritier d’un certain Marco qui est entraîneur national mais surtout un des anciens du club connu en bord de Meuse comme étant celui de la « Sauvenière ». Et le fils n’est pas en reste. À 21 ans, il figure à la 34ieme place et a pu arracher un beau podium de bronze au Série À de Shanghai en 2018. Vu son jeune âge, il reste certainement de la marge à Luca dans une catégorie des + de 84 kilos où s’alignent les plus gros gabarit du plateau mondial.

Enfin, les flamands Bryan Van et Jeroen Quets viennent encore porter main forte à un effectif musclé. Ces plus vieux briscards de la nationale combattent dans les catégories de poids plus lourdes des hommes avec de belles performances et une présence actuelle dans le top 50 mais qui prennent un peu d’âge… qu’importe la relève est là.

Pour finir en beauté.

Comme vous le constaterez la liste est fournie dans ce sport peu connu qu’est le karaté. Au-delà de beaucoup de résultats qui sont à confirmer, il y a encore deux choses à souligner.

D’abord, nous n’avons pas évoqué les plus beaucoup jeunes qui sont en train de relever le bout du nez avec beaucoup d’orgueil et de présence. Une génération très prometteuse et dont on attend beaucoup avec impatience. Ensuite, il y a la façon et là les belges sont au rendez-vous. Avec beaucoup de fierté et de mordant, ils savent afficher une belle présence dans un tableau mondial WKF où il n’y a plus, comme par le passé, de petites nations.

Vu la taille de la Belgique, on peut donc se permettre de rêver à des titres bien concrets. C’est en tout cas tout ce que notre contrée noire-jaune-rouge leur souhaite du fond du cœur.

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