Kimberley Zimmerman, 24 ans le 9 novembre prochain, s’est livrée à une interview questions-réponses sur le coté sportif de sa carrière mais aussi sur la partie cachée de l’iceberg. Celle qui occupe actuellement le 390 ème rang au classement WTA espère que 2020 pourra gommer une saison compliquée.

Comment t’es-tu mise au tennis et qu’est-ce qui t’a poussée à en faire ton métier ?

Je suis issue d’une famille très sportive. Mes parents étaient actifs dans l’athlétisme de haut niveau : mon papa a été finaliste aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984 – 400 mètres haies) et ma maman a été championne de Belgique et internationale en saut en longueur. Devenus entraîneurs par la suite, ils m’emmenaient partout avec eux sur les stades alors que j’étais encore toute petite. Bref, j’ai baigné dans le sport depuis ma plus tendre enfance. Par ailleurs, plusieurs autres membres de ma famille pratiquaient le tennis dont certains à un niveau élevé : le cousin de maman, Arnaud Fontaine, a été Top 300 mondial et ma cousine, Florence De Vrye a été interne à l’AFT de Mons au début des années 2000.

À l’âge de 3 ou 4 ans, je passais des heures dans le jardin de mes grands-parents à jouer avec une raquette en plastique et un appareil « lance-balle ». Je pense avoir été très vite séduite par l’aspect ludique du tennis. J’ai pris mes premiers cours vers 5 ans et dès l’année suivante, j’ai participé à mes premiers tournois dans la catégorie « garçons ». Les résultats ont bien vite été encourageants et m’ont motivé à poursuivre. J’ai toujours aimé la compétition et ma progression a été constante jusqu’en juniore où j’ai atteint le 46e rang mondial. Dès ce moment, tenter ma chance sur le circuit pro me paraissait simplement logique.

Est-il possible, pour toi de concilier carrière tennistique et études supérieures ?

Vu le système des études supérieures en Belgique, il me paraît très compliqué de mener de front celles-ci avec une carrière professionnelle en tennis compte tenu du nombre important de semaines que nous sommes tenues de passer à l’étranger, tout au long de la saison, pour participer à des tournois. Déjà lors de mes études secondaires, j’ai préféré faire le choix des cours à distance et de présenter mes examens de fin d’enseignement secondaire supérieur devant le Jury central pour des raisons de flexibilité.

Quels sont tes objectifs pour la fin de la saison 2019 et l’année 2020 ?

J’ai connu quelques mois compliqués durant cet été au cours duquel j’ai accumulé les défaites en raison principalement d’une petite crise de confiance en moi. Cette mauvaise série a engendré beaucoup de frustration, de nervosité, de pression et a enclenché une spirale négative dont il n’est jamais facile de sortir. Mon objectif, à court terme est de réussir à inverser la tendance, à retrouver davantage de sérénité et le niveau de jeu qui était le mien lorsque j’ai atteint mon meilleur classement, à remonter la pente petit à petit avec l’aide de mon entourage, familial et sportif. Cet objectif une fois atteint, j’espère poursuivre une progression linéaire qui pourra m’amener dans le Top 100 mondial et me permettre ainsi de pouvoir goûter à nouveau au plaisir de participer à des tournois du Grand Chelem.

Peux-tu expliquer pourquoi il est important pour une joueuse belge d’être aidée par l’ADEPS ?

Au niveau professionnel, le tennis est un sport très onéreux. L’aide financière que m’apporte la Fédération Wallonie-Bruxelles via l’ADEPS est essentielle à la construction de ma carrière. Le contrat « Rosetta » dont j’ai pu bénéficier en 2019 m’a apporté une relative sécurité financière qui permet une maîtrise plus précise des budgets consacrés au sport. D’autres avantages connexes sont aussi très appréciables, comme l’accès gratuit aux services des universités francophones pour, notamment, la réalisation de batteries de tests, analyses et suivis scientifiques visant à améliorer la performance sportive.

Quelles sont les difficultés auxquelles une joueuse hors Top 100 doit faire face et les différences avec les joueuses mieux classées ?

Comme souligné ci-avant, le tennis est une discipline qui coûte très cher. Hors Top 150, il est impossible de gagner sa vie. L’argent est vraiment le nerf de la guerre. Sans le soutien financier de l’ADEPS, de l’AFT et de ma famille, ainsi que l’aide matérielle que m’apportent quelques partenaires privés, je ne pourrais pas y arriver.

Outre l’avantage d’évoluer dans un environnement quotidien beaucoup plus favorable (accueil, accompagnement, confort, installations sportives de meilleure qualité,…) au niveau des tournois dans lesquels ils s’alignent, les membres du Top 100 sont aussi en mesure de consacrer tous les moyens nécessaires en ce qui concerne leur encadrement immédiat (coach, manager, agent, sparring-partner, kiné, préparateur mental,…) et s’assurer un accompagnement lors de tous les tournois, ce qui n’est pas notre cas. À ce niveau, joueuses et joueurs peuvent aussi compter sur des collaborateurs qui les libèrent complètement de toute une série d’obligations et de petits soucis (réservations des voyages, hôtels,…) que nous devons gérer par nos propres moyens.

Quel est ton avis sur les réseaux sociaux ? Leurs utilisations par les sportifs et les fans?

J’essaie d’être relativement active sur Facebook et Twitter et je pense qu’aucune joueuse pro n’échappe pas aux messages parfois très violents, sur les réseaux sociaux, majoritairement de la part de parieurs mécontents. Pour ma part, je suis parvenue à me construire une sorte de carapace et à ne pas trop prêter attention à ces réactions haineuses et excessives. Il faut relativiser et replacer celles-ci dans leur contexte sans leur donner une importance qu’elles n’ont pas. Personnellement, leur impact est insignifiant car ces messages proviennent de personnes que je ne connais pas. Parallèlement, je reçois beaucoup de messages de soutien et d’encouragement venant de personnes qui suivent mon parcours au quotidien. L’effet est très valorisant et positif, surtout lorsqu’on traverse des périodes un peu délicates où les résultats ne répondent pas aux attentes.

Rare sont les joueurs qui partagent, de manière objective, leurs ressentis vis-à-vis de leurs prestations, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Kimberley fait partie de ces sportifs. En effet, via ses réseaux, vous pourrez retrouver l’ensemble de ses réactions en rapport avec les tournois auxquels elle participe tout au long de la saison. Une vision du sport différente, mais très appréciée par ses supporters, qui ne cessent de l’encourager quelque soit le résultat.

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